La Thaïlande met temporairement sur pause une partie de ses projets de data centers. Au total, 166 projets sont concernés, dont 49 déjà en construction et 117 en attente d’autorisation.
Cette décision intervient alors que le pays connaît une forte accélération des investissements dans les infrastructures numériques. Au premier semestre 2026, 88 projets liés à l’intelligence artificielle et aux data centers, pour environ 886 milliards de bahts, ont été approuvés. À titre de comparaison, les investissements de ce type avaient atteint 623 milliards de bahts sur l’ensemble de 2025.
L’énergie et l’eau au centre des inquiétudes
Le développement rapide des data centers soulève toutefois des questions sur les ressources disponibles. Ces installations fonctionnent en continu et nécessitent d’importantes quantités d’électricité, mais aussi de l’eau pour certains systèmes de refroidissement.
À Bangkok, plusieurs projets font déjà l’objet d’un examen. Six installations ont demandé des autorisations, avec une consommation électrique estimée entre 9 et 23 mégawatts chacune. Les autorités souhaitent notamment évaluer leur impact sur les quartiers voisins, en matière de bruit, de chaleur et de sécurité.
Des règles à revoir
Le gouvernement estime que le système actuel d’autorisation est trop fragmenté. Les opérateurs doivent parfois obtenir séparément des accords concernant l’électricité, l’eau, la construction ou l’utilisation des terrains. Certains data centers seraient également enregistrés comme des entrepôts, ce qui complique le suivi du secteur.
Bangkok veut donc établir des règles spécifiques et disposer d’une meilleure visibilité sur les projets, leur localisation et leur consommation de ressources.
Quatre groupes de travail ont été chargés de préparer ces nouvelles normes. Ils devront notamment examiner les retombées économiques, les besoins en infrastructures, les conditions d’implantation et les critères environnementaux.
Une pause, pas un changement de cap
Pour autant, la Thaïlande ne renonce pas à son ambition de devenir un hub numérique régional. Le gouvernement veut continuer à attirer les investissements de grands groupes technologiques tout en s’assurant que ces projets créent davantage de valeur pour l’économie locale.
La priorité sera désormais donnée aux infrastructures capables de limiter leur consommation de ressources, de favoriser les énergies propres et de générer des emplois ou des transferts de technologies.
Avec l’essor de l’intelligence artificielle, la demande en capacités informatiques devrait continuer de progresser. La Thaïlande cherche donc surtout à éviter que cette croissance ne se fasse au détriment de ses ressources et de ses infrastructures.
Le défi est désormais de rester attractive pour les géants de la tech tout en fixant les limites d’un développement numérique soutenable.
