BrainCo dévoile une plateforme permettant de contrôler des robots par la pensée

Source : BrainCo / PR Newswire

À l’occasion de la World Artificial Intelligence Conference (WAIC) 2026 à Shanghai, la licorne chinoise BrainCo a présenté ce qu’elle décrit comme la première plateforme intégrée au monde de recherche et développement « Brain-to-Robot AI ». L’objectif d’une telle initiative est de permettre à un utilisateur de contrôler un robot uniquement grâce à son activité cérébrale, sans recourir à la voix, aux gestes ou à une télécommande.

Fondée en 2015 et incubée au Harvard Innovation Labs, BrainCo est devenue l’un des principaux acteurs mondiaux des interfaces cerveau-machine (Brain-Computer Interface, BCI) non invasives. L’entreprise développe déjà des prothèses bioniques, des dispositifs de rééducation ainsi que des casques EEG destinés à mesurer l’activité cérébrale.

Une interface cerveau-machine appliquée à la robotique

La nouvelle plateforme repose sur un casque d’électroencéphalographie (EEG) capable de capter les signaux électriques produits par le cerveau. Ces données sont ensuite interprétées par des algorithmes d’intelligence artificielle capables d’identifier l’intention de l’utilisateur avant de la convertir en commandes destinées à un robot. L’utilisateur n’a pas besoin d’effectuer le moindre mouvement physique pour que ses intentions soient directement traduites en actions robotiques.

BrainCo affirme que cette architecture permet une interaction plus naturelle entre l’humain et les machines et ouvre ainsi la voie à une nouvelle génération de systèmes d’intelligence artificielle incarnée (« embodied AI »).

Une plateforme ouverte aux développeurs

Au-delà de la démonstration technologique, BrainCo présente sa solution comme une plateforme de développement complète. Celle-ci comprend le matériel EEG, des outils logiciels, des modèles d’IA ainsi que des interfaces de programmation (API) permettant aux chercheurs, universités et industriels de créer leurs propres applications.

L’entreprise souhaite ainsi accélérer l’innovation dans plusieurs domaines, notamment la robotique collaborative, les assistants intelligents, les robots de service et les dispositifs médicaux. L’approche consiste à fournir une base technologique commune plutôt qu’une application unique.

Des applications médicales et industrielles

BrainCo met particulièrement en avant les usages potentiels d’un tel concept pour les personnes souffrant de handicaps moteurs. Une interface cerveau-robot pourrait leur permettre de manipuler un bras robotisé, un exosquelette ou un fauteuil roulant par la pensée, sans nécessiter de mouvements résiduels.

Au-delà du secteur médical, la société estime que cette technologie pourrait trouver sa place dans les environnements industriels, mais aussi dans les secteurs de l’éducation, de la recherche et des services.

Une course mondiale aux interfaces cerveau-machine

Cette annonce intervient alors que la compétition internationale autour des interfaces cerveau-machine (Brain-Computer Interface, BCI) s’intensifie. Parmi les acteurs les plus en vue figure l’incontournable Neuralink, fondée par Elon Musk. La société développe des implants cérébraux qui, contrairement au concept de BrainCo, nécessitent une intervention chirurgicale afin d’établir une communication directe entre le cerveau et les machines. L’entreprise chinoise mise sur des dispositifs non invasifs, sous la forme de casques équipés de capteurs EEG, capables de capter l’activité cérébrale sans ouvrir le crâne.

Selon son fondateur Han Bicheng, cette stratégie permettrait d’accélérer l’adoption des interfaces cerveau-machine en supprimant les contraintes médicales et réglementaires associées à la chirurgie. Cette vision s’inscrit également dans la stratégie de la Chine, qui fait des interfaces cerveau-machine un secteur technologique prioritaire.

Si cette technologie tient ses promesses, elle pourrait transformer en profondeur la manière dont les humains interagissent avec les machines dans les années à venir.