La Chine prépare un nouveau fonds pour soutenir ses PME technologiques

Pékin prépare la deuxième phase de son Fonds national de développement des PME, avec une priorité donnée aux start-up technologiques, aux entreprises « hard tech » et aux sociétés susceptibles d’accéder aux marchés boursiers.

La deuxième phase du National SME Development Fund, créé en 2015, doit notamment favoriser les investissements dans les entreprises technologiques en phase initiale et attirer davantage de capitaux privés.

Le bilan de la première phase est déjà important. À fin mars 2026, le dispositif comptait 46 sous-fonds, représentant plus de 120 milliards de yuans de capitaux. Il avait investi dans plus de 2 000 entreprises et accompagné 92 introductions en Bourse, avec un rendement global d’environ 15 %.

Davantage de capital pour les start-up technologiques

La deuxième phase devrait privilégier les investissements de long terme et les entreprises dites « hard tech », notamment dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle, de la robotique, des nouveaux matériaux ainsi que d’autres technologies avancées.

L’objectif est de fournir du capital patient à des sociétés dont les technologies nécessitent plusieurs années de recherche et d’industrialisation avant de devenir rentables.

Le fonds doit également jouer un rôle de levier. Ainsi, l’argent public doit inciter les investisseurs privés à prendre davantage de risques sur de jeunes entreprises technologiques.

Une stratégie liée aux introductions en Bourse

Pékin souhaite également améliorer le passage des PME innovantes vers les marchés financiers. Le modèle recherché est celui d’une chaîne de financement allant du capital-risque à l’industrialisation, puis à l’introduction en Bourse.

La première phase du fonds a déjà contribué à 92 IPO (initial public offering), ce qui souligne son rôle dans l’accompagnement des entreprises vers les marchés de capitaux. La deuxième phase devrait renforcer cette fonction.

Un secteur essentiel pour l’économie chinoise

Le nouveau fonds intervient dans le cadre du plan chinois 2026-2030 consacré au développement des PME. Selon les données officielles chinoises, plus de 63 millions de PME étaient en activité à la fin de 2025, représentant plus de 95 % de l’ensemble des entreprises du pays.

Les PME chinoises représentent également environ 70 % de l’innovation technologique, 60 % du PIB et 80 % de l’emploi urbain. Leur rôle est donc central dans l’économie du pays.

Pékin veut désormais améliorer la qualité de ce tissu entrepreneurial. Le plan prévoit notamment de porter à 22 000 le nombre d’entreprises « little giants » d’ici 2030 (contre près de 17 000 aujourd’hui). Les dépenses de R&D des principales PME industrielles devront progresser de plus de 8 % par an, tandis que le revenu d’exploitation par salarié des principales PME devrait augmenter d’environ 15 % sur l’ensemble de la période 2026-2030.

Les « little giants » sont des PME spécialisées dans des marchés de niche et disposant de technologies avancées. Elles occupent souvent une position importante dans les chaînes d’approvisionnement industrielles, malgré une taille relativement modeste.

La Chine souhaite en faire un réservoir de futurs champions technologiques. Le nouveau plan prévoit ainsi de renforcer leur accès au financement, à la recherche et aux grands programmes scientifiques et industriels.

Un outil de souveraineté technologique

Le SME Fund s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les chaînes d’approvisionnement chinoises et à réduire certaines dépendances technologiques étrangères.

Les autorités veulent notamment développer les PME dans les secteurs émergents et les technologies d’avenir, tout en accélérant leur transformation numérique et l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Le plan chinois prévoit également d’améliorer l’accès des PME aux différentes sources de financement, notamment les crédits bancaires et les marchés de capitaux.

Avec cette deuxième phase, le Fonds national de développement des PME devient ainsi un instrument central de la stratégie chinoise visant à financer les entreprises technologiques dès les premières étapes. Il s’agit également d’attirer davantage de capitaux privés et  d’accompagner les sociétés les plus prometteuses jusqu’à l’introduction en Bourse.