Source : VCG/Reuters
Le Pakistan renforce son partenariat stratégique avec la Chine en rejoignant une nouvelle organisation internationale dédiée à l’IA et en sollicitant davantage d’investissements chinois. Ce rapprochement s’inscrit également dans un contexte géopolitique marqué par la rivalité croissante entre Pékin et New Delhi.
Le Pakistan rejoint une nouvelle organisation mondiale dédiée à l’intelligence artificielle
Le Pakistan franchit une nouvelle étape dans sa stratégie numérique. À Shanghai, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a signé l’accord fondateur de la World Artificial Intelligence Cooperation Organization (WAICO), une nouvelle organisation internationale destinée à renforcer la coopération entre les États dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Cette adhésion fait du Pakistan l’un des membres fondateurs de cette initiative portée par la Chine. L’organisation vise à favoriser le partage des connaissances, le développement de normes communes et un accès plus large aux technologies d’IA, notamment pour les pays en développement.
En marge de la cérémonie, Ishaq Dar s’est entretenu avec son homologue chinois Wang Yi afin d’approfondir le partenariat stratégique entre les deux pays. Les discussions ont notamment porté sur le développement de l’économie numérique, de la recherche scientifique, des infrastructures technologiques et de la deuxième phase du corridor économique Chine-Pakistan (CPEC 2.0), pierre angulaire des investissements chinois dans le pays.
Une coopération économique qui dépasse les infrastructures
Historiquement centrée sur les infrastructures et l’énergie dans le cadre du CPEC, la coopération sino-pakistanaise s’étend désormais à des secteurs à plus forte valeur ajoutée. L’intelligence artificielle, l’économie numérique, l’agritech et les industries exportatrices figurent désormais parmi les priorités des deux gouvernements.
Pour Islamabad, cette diversification constitue un levier de croissance dans un contexte économique marqué par une forte pression sur les finances publiques et la nécessité d’attirer davantage d’investissements étrangers. Pour les entreprises chinoises, le Pakistan représente un marché stratégique, mais aussi une base industrielle permettant d’approvisionner les marchés régionaux.
La rivalité sino-indienne en toile de fond
Ce rapprochement économique s’inscrit également dans une dynamique géopolitique plus large. Les deux géants asiatiques que sont la Chine et l’Inde entretiennent une rivalité croissante qui se manifeste aussi bien sur le plan territorial que technologique et industriel.
Les tensions persistantes à la frontière himalayenne, la compétition pour le leadership régional et les stratégies de diversification des chaînes d’approvisionnement renforcent l’intérêt de Pékin pour le Pakistan, partenaire historique et voisin direct de l’Inde.
Le corridor économique Chine-Pakistan constitue à cet égard un actif stratégique majeur. Il offre à la Chine un accès terrestre vers la mer d’Arabie via le port de Gwadar, réduisant sa dépendance aux routes maritimes traditionnelles qui transitent par le détroit de Malacca.
Dans ce contexte, le renforcement des investissements dans les secteurs technologiques et industriels pakistanais dépasse la seule logique commerciale. Ce dernier participe également à la consolidation d’un partenariat stratégique dans une région devenue un théâtre majeur de la compétition entre Pékin et New Delhi.
Une relation appelée à monter en gamme
L’adhésion du Pakistan à la WAICO et les projets d’investissements chinois dans les infrastructures agroalimentaires illustrent cette évolution des relations sino-pakistanaises.
Après une première phase dominée par les investissements dans les infrastructures et l’énergie, la coopération sino-pakistanaise entre dans une nouvelle étape, marquée par le développement de secteurs technologiques à forte valeur ajoutée.
Pour Islamabad, l’enjeu est d’utiliser ce partenariat pour accélérer sa transformation numérique, moderniser son appareil productif et développer ses exportations. Pour Pékin, il s’agit de consolider un allié stratégique tout en renforçant son influence économique dans une région où la concurrence avec l’Inde continue de s’intensifier.
